120 médecins unis pour la cigarette électronique

Vaporisateur personnel, le constat

 

Fin octobre, à l’occasion des Premières Rencontres de la Vape en France, 120 professionnels de santé ont lancé un « appel en faveur de la réduction des risques du tabagisme » en plébiscitant le rapport de Public Health England ayant établi en août 2015 que « vapoter est 95% moins nocif que le tabagisme » : « fort de ce constat et de celui de sa quasi-innocuité pour les fumeurs et les non-fumeurs, ce rapport recommande la promotion de la e-cigarette auprès du grand public et du corps médical pour en développer l’usage ».

À son initiative, le Docteur Philippe Presles (SOS Addictions) a déclaré à la revue Sciences&Avenir : « Nous avions déjà lancé un appel de ce type en 2014 qui n’avait pas vraiment eu l’effet escompté ». « Pour nous, le rapport de la Public Health England doit faire date et nous paraît donc justifier ce nouvel appel adressé au gouvernement de Manuel Valls ». « Nous espérons faire bouger les lignes de façon à ce que les autorités françaises se rapprochent de la politique de réduction des risques qui se met en place au Royaume-Uni. Mais nous n’ignorons pas que le politique subit des influences parfois puissantes comme celle de l’industrie du tabac ».

 

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Mobilisation en faveur de la e-cigarette

 

Cette mobilisation vise ainsi à promouvoir le vaporisateur personnel comme véritable outil de lutte anti-tabac, en « s’appuyant sur tout le potentiel de la cigarette électronique ». Le texte est alors signé par des pneumologues, tabacologues, addictologues, cancérologues, neurologues, psychiatres, ophtalmologues…  car, dixit le Docteur Presles, « le tabagisme a un impact sur l’ensemble de la santé. Toutes les spécialités sont concernées par cet enjeux de santé publique ».

Les professionnels de la santé ont à ce propos rappelé que « le tabagisme est la première cause de décès évitable en France et en Europe », avec environ 80000 décès rien que pout l’Hexagone. Les risques du tabagisme sont en effet critiques avec des cancers (poumon notamment), des maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus) et des pathologies respiratoires chroniques.

 

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E-cig, « différence entre les deux visions politiques »

 

Les médecins ont d’ailleurs indiqué qu’une telle « stratégie de réduction des risques grâce à la e-cigarette, combinée à une politique de prix élevé du tabac » obtient des résultats probants en Grande-Bretagne étant donné que « la population de fumeur adulte est en train de descendre sous la barre des 18 % ». Ces chiffres sont à comparer avec ceux de la France, dont la politique fiscale fébrile et l’ambiguïté maintenue sur la e-cigarette provoquent des ravages inqualifiables avec un taux de fumeurs quasiment doublé par rapport au Royaume-Uni et « deux tiers des fumeurs [qui] pensent que l’e-cigarette est plus dangereuse que le tabac, contre un tiers en Grande-Bretagne » : une telle erreur de discernement s’avère des plus inquiétantes.

 

Hexagone vs Royaume-Uni

 

Nocivité absolue du tabac

 

Le Docteur Presles a insisté sur le fait que « la vapeur dégagée par une cigarette électronique est composée à 98 % d’eau ». Jacques Le Houezec a rappelé à ce sujet que « dans la vie, rien n’est jamais sûr à 100 %. A terme, même respirer peut s’avérer nocif ! Aujourd’hui, il est clair que ce dispositif, en permettant à des gros fumeurs d’arrêter le tabac plus facilement que jamais, peut sauver des vies ». Il a ajouté : « Je m’efforce de dédiaboliser la nicotine qui n’est ni plus ni moins nocive que la caféine ou la théine. Il s’agit d’un psychostimulant dont la dépendance ne constitue pas en soi un problème de santé publique. Au contraire du tabac dont tout le problème tient au phénomène de combustion dégageant les produits toxiques et cancérogènes désormais bien connus. D’ailleurs, si vous fumiez de la laitue, ce serait pareil ! ».

 

Rechage liquide pour cigarettes électroniques Respiration

 

Concernant la nocivité supposée des e-liquides, Philippe Presles a précisé qu’« il n’y a que des choses qu’on retrouve dans notre alimentation quotidienne », qu’« aujourd’hui, on estime que la moitié des médecins sont prêts à recommander à leur patient de passer à la e-cigarette » et le Docteur Jacques Le Houezec a ajouté qu’« il faudrait au moins 50 ans de recul pour évaluer pleinement les effets de la cigarette électronique. Que faudrait-il faire en attendant ? Laisser les gens fumer en leur disant « au moins là on sait à quoi s’attendre » ? ».

 

sources : 20minutes, Sciences&Avenir

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